samedi 1 août 2009

Critique : Là-haut


Carl est un vieil homme triste, fatigué et aigri. A 78 ans, il traine derrière lui toute une vie, ponctuée de bons et de (très) mauvais moments. En dix minutes d’introduction, Pixar retrace le passé de Carl avec un brillant sens du rythme, où la caricature des situations (le gosse qui rêve d’aventure, sa meilleure amie d’enfance, Emmy, devenant sa femme, leurs envies de voyager vers les Chutes du Paradis…) nous fait passer des rires aux larmes en un clin d’œil. Mais la vie défile à une vitesse folle, et le rêve de Carl et d’Emmy ne se sera jamais réalisé. Aujourd’hui, Carl est seul – sa femme n’est plus de ce monde – dans un univers qui évolue trop vite pour lui. Réfugié dans ses souvenirs, il ne lui reste plus qu’une volonté avant de quitter ce monde : s’installer aux Chutes du Paradis, avec sa maison, transformée en dirigeable grâce à des voiles et 20 000 ballons de baudruche. Mais presque arrivé à destination, en Amérique du Sud, la maison ne vole plus, elle flotte tout au plus. Carl continue donc le chemin à pied, traînant sa maison comme il traîne ses lourds souvenirs – des souvenirs qui s’usent au rythme des objets de la demeure qui se cassent –, accompagné contre son gré de formidables compagnons. Pixar nous fait vivre une fantastique aventure qui mêle les sensations avec une mesure sans égale. Dans Là-Haut, on retrouve sans fausse note la nostalgie que Wall-E ne faisait qu’introduire, l’humour dont ne se contentait que Monstre & Cie, le délire décalé d’un Toy Story 2, la qualité d’animation d’un Ratatouille et une dimension onirique qui rappelle, sans l’atteindre pleinement, Le Voyage de Chihiro (chef d’œuvre japonais de Miyazaki). Mais lorsque Carl comprend que vivre dans ses souvenirs et réaliser un rêve passé ne le rendra pas plus heureux, et que la vraie aventure consiste à profiter des personnages qui l’entoure, Pixar fait preuve ici d’une sagesse inattendue qui garantie le spectacle aux adultes. « Il faut que les gens acceptent d’y croire [une maison qui s’élève dans les airs]. Comme l’idée que Carl puisse diriger la maison à l’aide de voiles » déclarait Pete Docter, le réalisateur (avec Bob Peterson). En comprenant toute la symbolique du film, on y croit sans peine. Félicitations à la cohérence du studio Pixar donc, qui a su profiter de son vieil héros pour raconter son histoire la plus mature.



Et merci à Bibou d'avoir organisé ce super spectacle en 3D !!

1 commentaire:

jejex a dit…

spoiler man.... pfff

Je le lirais plus tard pour ne pas me gacher le plaisir.