Il y a quelque chose de fascinant dans Les Sims 3, certainement la manière dont le jeu se plie à la volonté du joueur. Tamagotchi de luxe pour les uns, véritable jeu de gestion pour les autres (et même atelier d’architecture pour une troisième catégorie), le jeu de Will Wright en propose tant que son succès n’a rien de surprenant.Evidemment, c’est l’aspect jeu de gestion qui m’intéresse le plus. L’aspiration finale de mon Sim est de devenir présentateur du JT (dernier échelon de la branche journalisme) ; à moi de me débrouiller pour qu’il atteigne ce but. Le temps est limité : un Sim n’a qu’une vie…
Il y a quelque chose de pessimiste dans Les Sims 3 – ou de réaliste, c’est selon. Pour atteindre ce job, le Sim doit « augmenter » son charisme, développer un réseau de connaissances, écrire, écrire, écrire tout en restant heureux (en respectant ses besoins d’hygiène, de faim, de sommeil…). La gestion intervient ici : comment optimiser son temps ? Un problème auquel nous sommes tous confrontés et qui, caricaturé dans le jeu, prend une tournure fascinante. Cette fille me drague, je veux passer du temps avec elle. Des heures que je n’accorderai pas à l’écriture. Ma promotion se fait attendre, finalement, je ne verrais pas ma copine ce soir pour travailler de chez moi. Ca la vexe. Et ces foutus jours qui défilent…
Il y a quelque chose de triste dans Les Sims 3. Mes cheveux sont gris, mes traits ridés. Je suis enfin devenu présentateur du JT. Je gagne énormément d’argent. Que me reste-t-il à faire ? Profiter de mon argent ? A quoi bon, la fin est proche. Je tourne mes espoirs vers mon fils pour qu’il soit heureux (un jour, je contrôlerai ce petit bonhomme). Je peux partir tranquille, avec cette dernière certitude en tête : gérer son temps ne devrait servir qu’à une chose. Profiter de la vie comme l’on profite des Sims.
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