mercredi 8 avril 2009

Qu'est-ce qu'un film culte ?

Après avoir débattu de longues minutes sur la définition d'un film culte, voici quelques éléments de réponse avec la définition donnée par Wikipédia (qui n'est pas forcément une référence mais bon...).

Comme souvent dans nos discussions, personne n'a vraiment raison, personne n'a vraiment tort. L'objet de ce message est donc de composer avec tout ce que l'on a pu dire sans forcément camper ses positions... et dormir moins con ce soir. Extraits de Wikipédia :

"Un film culte est un film généralement original ayant acquis un groupe fortement dévoué de fans. Le terme ne désigne ni un genre au sens propre, ni une qualité esthétique, mais qualifie un film en fonction de la façon particulière dont il est reçu par le public ou une partie du public. Un film culte possède un groupe d'admirateurs, et c'est en général un film que « soit on aime, soit on déteste », mais ces propriétés ne suffisent pas à le définir complètement."

"Le terme « film culte » est [...] utilisé bien souvent dans des sens déformés par rapport au sens originel. Un film culte est un film qui a fini par réunir autour de lui un public le plus souvent réduit d'admirateurs, fidèles et habituellement fanatiques. C'est un film qui peut être source de fascination, d'obsession, et une culture secondaire peut se construire autour de lui (d'où l'analogie avec « culte »)."

"Dans bien des cas, les films culte ont été au départ des échecs lors de leur sortie en salles. Même s'ils sont restés à l'affiche peu de temps, certains films ont pu trouver une popularité qui s'installe dans la durée grâce à leur diffusion sur d'autres canaux — télévision ou internet — ou supports — cassettes vidéo, laserdiscs, dvd etc. Certains peuvent trouver alors un succès qu'il n'avaient pas connu lors de leur sortie, pouvant conduire à la prolongation de leur exploitation vidéo et à l'augmentation du nombre de copies mises en circulation."

"Bon nombre de films culte sont au départ des productions indépendantes dont les créateurs ne s’attendent généralement pas à rencontrer le succès auprès du grand public."

"Un film produit par un grand studio peut aussi devenir un film culte, en particulier si, en dépit de sa nature commerciale, son succès autant en salles que sur le marché de la vidéo a été faible, mais qu’il a été mis à l’honneur par un petit nombre de fans dévoués en quête de perles cinématographiques."

"Également le contenu de certains films — des sujets obscurs, étranges, de transgression, ou d’autres thématiques propres à susciter la controverse — peut être déterminant dans le fait qu’un film deviendra culte, qu’il s’agisse d’une production indépendante ou de gros studio."

"Parfois, la réception publique d’un film culte diffère quelque peu de ce que ses producteurs prévoyaient. Par exemple, le film à gros budget Showgirls (1995), de Paul Verhoeven, film où le sexe est omniprésent et qui était au départ conçu comme un drame retraçant la carrière une strip-teaseuse de Las Vegas, fut un flop complet au moment de sa sortie, à la fois éreinté par la critique et boudé par le public. Le film est aujourd'hui l'un des préféré du public homosexuel et est désormais généralement vu comme une comédie, suite à son succès lors de ses fréquentes diffusions à la télévision en séance de minuit."

"Certains films, bien qu'ils aient recueilli des critiques massivement positives et qu’ils aient été des succès au box office, sont néanmoins considérés comme objets de culte. On trouve un exemple dans la vision du futur sinistre, perturbante et ultraviolente offerte par Stanley Kubrick dans Orange mécanique (1971), un film qui fut couronné par plusieurs récompenses majeures et fut nommé pour quatre Oscars, dont celui du meilleur film. D’autres exemples : [...] Taxi Driver (1976) de Martin Scorcese, Apocalypse Now (1979) de Francis Ford Coppola, Blue Velvet (1986) de David Lynch, ou Pulp Fiction (1994) de Quentin Tarantino."

"Parfois, des films deviennent objets de culte parce qu’ils sont en avance sur leur temps ; ils se trouvent un public d’admirateurs tardivement une fois que leur originalité est reconnue ; c’est notamment le cas du Fantasia (1940) des studios Walt Disney."

"Le trans-genre The Rocky Horror Picture Show (1975) est probablement le film culte le plus connu encore en activité. Le film est une satire des conventions de films science-fiction et d'horreur de son temps et inclut des éléments de Travestissement, inceste et homosexualité - le tout dans le contexte d'un film musical. Le film reçu peu d'attention de la part des critiques à sa sortie en 1975 mais se constitua un groupe d'admirateurs fanatiques qui sont à plusieurs reprises apparu aux Midnight movies des cinémas de quartiers, habillés en costumes et « participant » au film en imitant des scènes telles que le lancé de riz pendant la scène du mariage. Le film ridiculise intentionnellement ses propres thèmes, entrant de ce fait dans l'esprit d'amusement sarcastique entourant souvent les films culte. Il gagna une nouvelle vie sur VHS. The Rocky Horror Picture Show peut être vu comme une norme et aider à déterminer si un film est en effet un film culte, car il est probablement le film culte le plus célèbre. Une grande partie de sa célébrité est moins dû au film lui-même qu'à l'exposition qu'en ont faite ses admirateurs. Si un film est plus largement connu que The Rocky Horror Picture Show, il n'est pas susceptible de pouvoir être considéré comme un film culte. Les réseau de chaînes télévisées, télévision par câble et pay-per-view ont également changé la nature des films culte. L'expérimental et surréaliste Eraserhead (1977) de David Lynch fut un flop commercial et critique, et pourtant sortit de l'obscurité lors de son passage en Home video vers la fin des années 70 et au début des années 80."

"Un film culte a circulé sans avoir bénéficié d'une lourde sortie ou édition commerciale : soit une copie unique qui devient elle-même culte, soit la copie VHS de la copie VHS. Ce qui est culte est rare, et ce qui est rare devient également signe de ralliement culturel d'une communauté, avant d'être ou non intégré plus tard dans la culture de masse. Pour certains cinéphiles, un film culte cesse d'être culte à partir du moment où il est facilement disponible puisque, à l'origine, « culte » est (ou était) synonyme de « rare ». Pour un puriste, un autocollant « Film culte » sur un DVD vendu dans un supermarché est donc une aberration."

"Un film culte se situe dans la marge (ce n'est pas une volonté du réalisateur, mais le film est censuré, pas ou peu distribué, est considéré comme trop médiocre, expérimental ou choquant) et un nombre limité d'inconditionnels fournissent des efforts répétés autour de cette œuvre (déplacements, écritures, projections, rencontres, etc.)."

"Pour les puristes, un film culte est d'abord un film ayant gardé une certaine confidentialité, au moins à ses débuts, et qui a obtenu un succès d'estime auprès d'un public qui lui reste fidèle et attaché. Entrent dans cette catégorie des films de réalisateurs indépendants, des films qui n'ont pas eu le succès escompté à leur sortie (succès moyen ou échec commercial), soit parce qu'ils n'étaient pas bien distribués soit parce qu'ils ne correspondaient pas aux critères du grand public. Il peut s'agir de films ayant un format particulier, une réalisation novatrice, de films qui ont choqué à leur époque ou ont paru décalés par rapport aux standards de commercialisation. Ces films, bien qu'ayant quelques fois une imagerie forte, ne sont pas source de merchandising ou de produits dérivés généralisés."

"Prenant davantage appui sur le sens étymologique de l'expression que sur l'approche cinéphile, certains films sont considérés culte pour avoir été, en dépit de toute prévision, le signe de ralliement de toute une génération se partageant répliques culte et collectionnant objets s'y référant avec la même passion. La première trilogie de la saga de science-fiction Star Wars marqua toute les années 80 et reste par son ampleur un phénomène unique dans l'histoire du cinéma."

"La confusion entre « film culte » et « chef-d'oeuvre » est courante, même chez les cinéphiles, et ne peut trouver de solution car ces deux notions qualitatives restent profondément subjectives. Le chef-d'oeuvre est cependant davantage utilisé pour désigner un « classique » du cinéma, une œuvre accomplie dans son domaine, son genre, tandis que le film culte possède une originalité certaine parfois peu compatible avec les conventions cinématographiques."

"L'essor de la société de consommation et la généralisation du merchandising ont eu des répercussions sur le terme de « Film culte », en le détournant de son sens originel pour l'utiliser comme argument commercial sur les affiches, spot publicitaire, pochette de Dvd et autres produits dérivés d'un film. Pour les cinéphiles, cette utilisation du terme est assez ironique vu le caractère généralement confidentiel et peu vendeur des films culte."

(définition complète de Wikipédia ici)

CONCLUSION : Vous l'aurez compris, si l'on s'en fit à Wikipédia la définition est vague (c'est pas la faute de Wiki pour le coup...) et le terme est complètement galvaudé à l'heure actuelle (raisons commerciales entre autres). En résumé, le film culte regroupe plein d'éléments, selon son emploi étymologique ou cinéphile. Il marque un tournant dans le cinéma en terme d'écriture, de réalisation ou de photographie (ce que disait Nico), mais il est également lié à la notion - pour le dire vite et mal - "underground" puisqu'il réunit un groupe de fans souvent restreint en dépit de son échec commercial et critique (ce que je disais). Des exceptions, de nombreuses exceptions même !, confirment la règle comme Star Wars (ce que disait Jejex). Et un film peut devenir culte longtemps après sa sortie (ce que disait GG).

Perso, je dormirai moins con ce soir :) même si au final les réponses sont multiples.

Mais alors... la trilogie Matrix... ? Culte ou pas culte ?

5 commentaires:

Chicken Cocotte a dit…

Je vais d'ailleurs tenter une réponse.

Culte car :
- il attire une communauté (restreinte ou pas) de fans.
- ces mêmes fans peuvent se rapproprier certains dialogues, certains passages. Les imiter, les parodier ("Welcome to the real world", l'oracle, les lunettes, les habits...).
- il apporte des codes et une mode (habits des personnages, bullet time...)

Pas culte car :
- il tire une grande partie de son imagerie et de son histoire dans des oeuvres déjà existantes (Dark City, Le Nécromancien...).
- c'est un gros budget.
- il est tout de même destiné à un grand public...
- ... et il a justement rencontré un franc succès de ce même grand public.

En conclusion, j'aimerais dire que Matrix n'est pas vraiment culte, à l'inverse de Dark City, film plus discret, moins connu, aux ambitions moins prononcées, au budget plus limité mais dont la photographie et le scénario apportent déjà les solides bases de Matrix.

Malheureusement, je ne sais pas si Dark City possède une communauté (restreinte ou non) de fans, condition principale pour qu'un film soit considéré comme culte.

M Aurel a dit…

Très bon article Poulet !

En gros il y a pas mal de film culte suivant que l'on en parle à cause de leur succès (Brice de Nice, Les Chti's) ou que l'on en parle à cause de leur originalité (Toxic Avenger...)

Comme quoi ça n'a pas beaucoup de sens comme apellation (vu que le sens est variable et qu'on y met un peu tout et rien ^^)

en tous cas merci pour cet éclairage !

Chicken Cocotte a dit…

"Le public a pu néanmoins retenir à l’issu de la rencontre (note de Dam : avec Jan Kounen, Bertrand Blier et Gaspard Noé lors du Festival de Premiers Films Cultes) qu’un film culte est un film trop novateur pour trouver le succès dès sa sortie en salle. Il divise les spectateurs et est apprécié seulement par une minorité de cinéphiles. Et c’est seulement une dizaine d’années plus tard que le grand public s’accorde à dire que la dite réalisation a marqué son époque et est devenu un « classique ». Pour Bertrand Blier, l’exemple type est C’est arrivé près de chez vous (1992) de Rémy Belvaux et André Bonzel."

Cf : article de télérama

Brooklyn a dit…

La trilogie Matrix:

Le premier peut être, en revanche la trilogie je ne pense pas. Matrix (le 1er) a apporté un important renouveau à la S.F. Je pense sincèrement que ce film a engendré le développement d’une subculture autour de son univers, des différents concepts abordés et du personnage de Neo.

Mais les deux films suivants sont l’exploitation du succès du premier, et le phénomène provoqué par le premier c’est un peu essoufflé. De mon point de vue la trilogie n’est pas culte, seul le premier peut l’être.

Dans sa globalité cette saga correspond à une génération : la notre. Celle qui a grandi au « cocktail » : SF, BD, manga, cyber culture et jeu vidéo. En regardant bien, ces films ne sont pas si originaux. A mes yeux la trilogie Matrix c’est l’habile mélange des ingrédients qui ont bercés notre jeunesse : John Woo, Mortal Kombat, Terminator, Internet (webculture), Ghost in the Shell etc. le tout sur fond de message universaliste (avec lequel on est obligé d’être d’accord… lol). Si Reloaded et Revolution avaient été dans la lignée du premier, la trilogie aurait probablement une autre dimension.

jejex a dit…

Merci pour la recherche ma cocotte... Mais je comprend pas Rocco donc bien un acteur de film de culte??? : )

En tout cas pour moi matrix est un film culte sans hésitations.

à débattre et à rebattre

kiss kiss bang bang