vendredi 21 mars 2008

Metal Gear Solid : la saga se termine en juin

Et oui, juin 2008 marquera la fin d'une série culte vieille de dix ans déjà. Une série qui, en plus d'inventer le genre Infiltration 3D, a su créer son propre style, au point d'en devenir unique et inégalable. Pourtant, nombreux sont ceux qui boudent cette série qui, il faut bien l'avouer, présente de nombreux défauts pour un jeu. Mais Metal Gear Solid est au jeu vidéo ce qu'un film d'auteur est au cinéma : une oeuvre personnelle empreinte d'une atmosphère, d'une ambiance, d'un message et d'un univers propre à son créateur. Hideo Kojima est devenu ainsi l'un des rares designer de jeu vidéo catégorisé comme un véritable auteur. Qu'on apprécie son oeuvre ou non, là n'est pas la question. Mais le fait est qu'aucun jeu ne ressemble à un MGS.

Aucun jeu n'a poussé l'interactivité avec le joueur aussi loin, lui demandant de brancher la manette sur le port 2 pour combattre un boss ou de jouer pendant l'écran du game over. Kojima fait sortir le joueur du cadre dans lequel il se restreint d'habitude, Kojima pousse les barrières du jeu et ironise sur lui-même. A titre d'exemple, les points d'interrogations au dessus des ennemis, que l'on prendrait pour une simple icônographie pour renseigner le joueur, font parti de cet univers et deviennent des entités à part entière (essayez de tirer dessus pour comprendre).
MGS est aussi le titre le plus emblématique dans la relation cinéma-jeu vidéo. Parfois un peu trop, au point que la série deviendrait presque un film interactif. Mais qu'importe, Kojima s'en moque et propose toujours son univers et sa vision du jeu au travers de sa série. Le quatrième épisode sur PS3 viendra conclure cette oeuvre, avec à la clé le dénouement d'un excellent scénario étoffé par des problématiques mondiales et des personnages haut en couleurs. Un scénario qui se concluera sans doute sur la mort de son héros. Oui, Kojima quittera certainement la scène avec le héros qu'il a créé et animé. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement ?

7 commentaires:

M Aurel a dit…

j'ai de très bons souvenirs sur le premier jeu (PS) avec notamment la scène de course poursuite à la fin ou le duel avec sniper wolf.
le 2eme était pas mal aussi sur certains passage (le tanker au début était très sympa) mais je l'ai trouvé moins bon que le premier dans l'ensemble.
je n'ai pas fait le troisième mais je suis curieux de voir ce qu'il ont fait pour le 4.

SDan a dit…

Ah, la série des MGS...

Pareillement, le premier opus m'avait franchement emballé, le second beaucoup moins et j'ai même pas joué au 3ème. Donc je n'attend pas le petit dernier à venir sur PS3.

Je peux comprendre l'enthousiasme qui entoure l'oeuvre de Kojima, encore qu'à mon sens elle soit exagérée. En effet le petit monde du jeu vidéo à été marqué par les choix scénaristiques et artistiques de la série. Je pense que c'est moins les particularités des jeux que le fait qu'il les ai signé de son fameux "A Hideo Kojima game" qui font de lui un auteur à part. Il est à part, car il s'est mis en avant comme on le voit rarement. Un peu comme un David Perry, ou un Peter Molyneux.

Certes ils oeuvrent sur des projets singuliers. Parfois même ils les incarnent. Cependant la profession du jeu vidéo n'est pas habitué à ce genre de signatures. Si cela était le cas pour le concepteur de GTA chez Rockstar, qui signerait de son nom au lieu de celui de sa société, on le hisserait sans hésiter au même rang que Kojima. Pourtant le simple fait qu'il ne le fasse pas, on n'en parle pas comme un auteur singulier.

Dommage.

Mais à mon sens ça relativise complètement le jugement porté sur Kojima, il est ce qu'il est car il le permet dans sa manière d'incarner le jeu. Que dirait-on de MGS sans le nom de Kojima ?

Une série culte pour son univers et son gameplay, certes. Mais sans tout ce qu'on greffe dessus à mon avis.

M Aurel a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
M Aurel a dit…

je suis plutôt d'accord pour nuancer la touche "artistique" que l'on prête à Hideo Kojima, surtout parce qu'il n'a pas fait les jeux tout seul non plus.

Cependant les choix qu'il a fait dans les MGS ont été des moments fort de l'histoire du jeu.

Il a tout de même lancé un nouveau genre de jeu (l'infiltration) au même titre que Wolfenstein3D avait inventé le fps.

Il ne faut pas oublier que le jeux vidéo est jeune (très jeune même au regard de son importance face au autres médias moderne)et que ce genre de chose est encore possible !
Il est évident qu'on n'a pas encore inventé tous genres de jeu possible :D

Dans le cinéma certains genre (le style "Indiana Jones" par exemple) sont apparus longtemps après sa naissance ^_^

Chicken Cocotte a dit…

Hehe, personnellement, je suis plutôt d'accord avec vous et il est clair que MGS a perdu de ses atouts en tant que jeu vidéo en lui-même.
Et effectivement, un GTA pourrait aussi devenir l'expression d'un auteur qui se reconnaît par son style : violence, caricature des personnages, fun, second degré, vulgarité (une sorte de Tarantino du jeu vidéo). Ce qui ne remet aucunement en cause le "talent" d'un Kojima. Bien des auteurs ont leur "patte" et méritent d'être acclamés.
Peter Molyneux pouvait l'avoir à l'époque lorsqu'il créait Theme Park, Populous ou Black & White. Toutes ses oeuvres, majoritairement des jeux PC style gestion, god-games, ont peu à peu effacé toute forme d'interface pour un simple curseur (même The Movies tente de supprimer l'interface, comme s'il s'agissait d'une volonté caractéristique de cet auteur). Bon, le fait est qu'il n'a pas fait que de grandes choses.
On citera également Eric Viennot qui avec In Memoriam a signé ce qui doit être le projet le plus troublant, intelligent et audacieux du jeu vidéo. J'ai eu, avec Nico, des heures de jeu inoubliables sur In Memoriam.
Après, tout se discute, tout est débat. Mais je ne pense pas que Kojima soit injustement "glorifié". Je pense surtout que d'autres à côté de lui ne le sont pas assez.

SDan a dit…

Justement si d'autres concepteurs de talents sont ignorés, et que l'on est d'accord pour dire que ce n'est pas tout à fait normal, alors les lauriers de Kojima sont si prestigieux surtout du fait de cette anomalie.

Car comme tu le dis, plus on aura de talents incarnés, identifiables pour le grand public, plus le jeu vidéo deviendra un grand média et plus seulement une industrie lourde.

Car la "starification" d'une certaine manière, n'est-elle pas le passage obligé pour toute production massive qui tend à décrocher une notoriété mondiale ?

Vous me direz, on a pas besoin de connaître Kazunori Yamauchi pour connaître "Gran Turismo", ou encore Satoshi Tajiri le discret géniteur de "Pokemon", vu le succès planétaire de ces jeux.

Certes.

Mais si on veut introduire la notion d'auteur dans l'appréciation d'un jeu, en mettant en avant une patte, ou un style, il faudra bien passer par là. A mon avis.

Chicken Cocotte a dit…

Je suis totalement d'accord avec tout ce que tu abordes... sauf sur ce qu'on attribue à Kojima.
Dire que Kojima fait parti des seules personnes acclamées et que c'est dommage ne veut pas dire qu'il ne brille que gràce à l'absence de "compétiteurs".
Il brillerait toujours autant, même au côté d'autres individualités.
Il ferait d'ailleurs certainement parti des plus singuliers puisque, et vous en conviendrez, il signe la série de jeux vidéo la plus atypique en terme de narration.
A l'inverse d'un GTA, après réflexion, qui est bel et bien culte... Pas forcément son créateur.
Attention, je serais le premier à mettre en avant les producteurs / concepteurs de GTA, Tomb Raider et autres. Mais force est d'admettre qu'ils ne s'expriment pas dans leurs jeux de la même manière que Kojima.
En gros, pour me faire bien comprendre, je dirais qu'il y a deux types de "bons" créateurs :
1 / ceux qui réalisent de bons jeux mais n'apportent pas réellement leur "personnalité" et 2/ ceux qui apportent leur personnalité (peut etre meme au détriment du jeu).
Ca se retrouve dans le ciné : Lynch tu sens que c'est lui qui fait le film. Alors que BraveHeart, qui est fantastique !, bah t'en a finalement rien à foutre que ce soit Mel Gibson aux commandes. Il a été un "bon" réalisateur pour ce film... mais finalement en quoi lui appartient-il ?